De la grande famille du rock nous retennons de douces mélodies
ou d’extrêmes punkitudes, envisageons les ambiances de la berceuse
à la syncope. Ici, on embrasse des tueuses en tongues, on chatouille
un éléphant dans la porcelaine, on contemple des pigeons et des vampires.
Ici marin, rêveur et noceur, tour à tour, tout à la fois.
Une batterie, une basse, des guitares, des machines et un chant baryton
métallique témoignent là de nos découvertes ; avant de repartir en quête.
D’ailleurs, nous sommes déjà loin.
—————————————————————————————————————
Formé en 2004, aujourd’hui Nelson Toubab est
David Surma aux guitares,
Nico Froment au chant, guitares, clavier,
Sébastien Marcon à la batterie et machines,
Christophe Delporte à la basse et clarinette.
Avant, sont passés par là
Mathieu Bézian, Laurent Amelin et Stephan Halais à la Basse,
Matthieu Ribbolleda, Mathieu Giry à la batterie,
Christian Thirion et Boris Assi aux percussions,
Igor, Laurent Lequint et Vincent Descamps aux cuivres.
—————————————————————————————————————
Nelson Toubab est vainqueur du MuzikAktuel 2007
et est soutenu par![]()
—————————————————————————————————————
Un jour.
Un jour, bientôt peut-être.
Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien,
je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D’un coup égorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons
et enchaînements “de fil en aiguille”.
Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.
À coups de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?),
par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation,
j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée,
coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables,
si dignes, si dignes, mes semblables.
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait
comme après une intense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime
que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.
Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.
Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.
CLOWN, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement,
le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert à tous,
Ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
À force d’être nul
Et ras…
Et risible…
Henri Michaux
—————————————————————————————————————